Monsieur Daniel Le Bigot,
Je viens de trouver dans ma boîte aux lettres votre profession de foi intitulée "Un peu d'air frais en politique" qui n'est que la reprise - ou inversement - du contenu de votre site web, et en guise d'air frais, je ne trouve que du réchauffé.
La grande leçon du premier tour des présidentielles a malheureusement fait long feu et les engagements sont toujours à mille lieues des soucis quotidiens des électeurs.
Rien dans votre programme concernant la famille ou, plus exactement, sur les conséquences de sa dislocation.
Mesdames Guigou et Lebranchu, Gardiennes des sceaux successives, ont sabordé leur projet de réforme du divorce, en se bornant à des réformettes illusoires, admettant leur échec en la matière.
Savez-vous, Monsieur Le Bigot, ce qu'est la prestation compensatoire ? Comme vous êtes jeune et sympathique, je formule des voeux sincères pour que vous n'ayez jamais à en connaître personnellement les effets dévastateurs.
Faut-il rappeler qu'en France, les procédures de divorce sont initiées par la femme dans 80 % des cas ?
Cette réalité a une explication très simple : les femmes n'ont pas seulement des droits, mais surtout des privilèges exorbitants, l'un d'entre eux étant la prestation compensatoire, véritable prime financière au divorce, qui leur permet de spolier et asservir leur ex-conjoint sur des années, cadeau empoisonné transmis aux héritiers ou à la seconde épouse du débiteur en cas de décès de ce dernier.
Nos deux ministresses ont voulu faire croire qu'elles avaient réformé ce servage des temps modernes. En réalité, rien n'a changé et des milliers d'hommes continuent à subir cet asservissement humiliant sans que les tribunaux n'y apportent remède, des milliers d'enfants du deuxième lit doivent renoncer à la succession de leur père pour ne pas être contraints à poursuivre l'entretien d'une étrangère, des milliers de secondes épouses se retrouvent démunies au profit des premières ...
Alors, la privatisation de la sécurité sociale, l'Europe moteur de paix, etc., c'est bien joli, mais cela ne touche pas ou plus les citoyens de ce pays. Leur vie quotidienne et personnelle importe avant tout : ce fut un des grands messages du 21 avril.
Ma question est la suivante : Monsieur Le Bigot, si les suffrages vous portent à l'assemblée nationale, vous engagez-vous à tout mettre en oeuvre pour obtenir la suppression pure et simple de la prestation compensatoire ?
Votre réponse sera retranscrite sur le site web du Mouvement Condition Masculine "sos-divorce.org"
Dans l'attente et vous en remerciant par avance.
Evelyne Dufresne
Correspondante pour le Finistère du
Mouvement Condition Masculine - Soutien de l'Enfance
REPONSE DU CANDIDAT P.S. Daniel LE BIGOT le 16.05.2002 :
Effectivement la question posée mérite d'être bien regardée.
Pour ma part je revendique une égalité en termes de droit et de devoir entre les femmes et les hommes.
Ce qui justifie qu'en cas de divorce les situations doivent être traitées dans cet esprit. Ce n'est pas une dérobade. Je ne trouve pas juste qu'une des deux parties (en l'occurrence ici la femme) puisse bénéficier d'une aide de l'ancien conjoint si sa situation nouvelle lui procure
des moyens suffisants. De même je considère que la responsabilité partagée (la solidarité) des parents vis à vis des enfants se poursuit même en cas de séparation.
merci et à bientot
Daniel LE BIGOT
Commentaire du Mouvement :
Nous apprécions la réponse rapide de ce candidat et l'en remercions.
Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que les députés sont là pour proposer les lois, les amender, les voter ou les abroger.
Les magistrats ont ensuite à les appliquer.
Nous demandons l'abrogation de la loi relative à la prestation
compensatoire.
Nous constatons que nous n'avons pas obtenu de réponse sur cette question précise.
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