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Lettre à Monsieur Benoît LECOMTE,
Monsieur Benoît LECOMTE,
En préalable à mes deux questions, je souhaite attirer votre attention sur un élément capital dans une campagne électorale, que l’ensemble des candidats persiste à ignorer :
LES FEMMES NE VOTENT PAS POUR LES FEMMES,
non plus que pour une politique de promotion féministe.
Observez un peu les résultats de la gracieuse Christiane Taubira, de la dynamique Corinne Lepage, de Christine Boutin toute en rondeurs rassurantes, et de … là où le score féminin avait une tendance à la hausse, la féminité s’éclipsait de façon inversement proportionnelle. Que dire de Monsieur Jospin qui n’a eu de cesse de faire allégeance au beau sexe allant jusqu’à s’effacer derrière son épouse, la séduisante Sylviane menant campagne à sa place ? … Badaboum !
Alors, Monsieur Lecomte, foin de démagogie féminisante qui ne ratisse que les illusions électoralistes, répondez-nous clairement et sans ambages en vous souvenant que les femmes préfèrent les hommes à leurs succédanés féministes.
Puisque vous vous réclamez de feu André Angot dans la lettre que vous m’adressez, reprenez donc son flambeau. Il avait cosigné une proposition de loi tendant à assurer l’égalité entre les pères et les mères de famille en matière de retraite (proposition n° 2280 présentée par M. Rudy Salles, enregistrée à la Présidence de l’assemblée le 13 octobre 1995 dont je vous communique le texte en pièce jointe).
Je me permets de vous résumer la situation à l’heure actuelle :
Dans le secteur privé, tout assuré, homme ou femme, bénéficie, lorsqu’il a eu au moins trois enfants, d’une majoration de 10 % de sa pension de retraite. En revanche, les femmes retraitées jouissent d’un privilège auquel ne peuvent prétendre les hommes. Il s’agit, dans le régime général ou les régimes spéciaux, de la majoration d'annuités pour les mères de famille assurées, à raison de deux années supplémentaires par enfant élevé pendant au moins 9 ans, ce qui leur permet de remplir les conditions requises de durée d’assurance et de faire valoir leurs droits à la retraite beaucoup plus tôt que les pères de famille qui eux, cependant, vivent en moyenne 7 ans et demi de moins qu’elles …
Est-il besoin de rappeler que l’Etat français vient d’être récemment condamné (29.11.2001) par la Cour européenne de justice sur la question des bonifications attribuées exclusivement aux mères retraitées de la fonction publique, avantage refusé aux pères retraités. Il s'agissait là d'inégalité de revenus, dite "inégalité de traitement", mais la frontière est mince !
1 - La proposition de loi cosignée par Monsieur Angot est malheureusement restée lettre morte à l'époque. Nous souhaitons savoir, dans le cas où les suffrages des 9 et 16 juin vous conduiraient sur les bancs de l'Assemblée Nationale, si vous entendez tout mettre en œuvre afin que cette loi aboutisse.
2 - Enfin, sachant que les secondes épouses font rarement des veuves joyeuses tandis que les premières ont tout lieu de se réjouir au décès de leur ex-époux, cumulant ainsi prestation compensatoire dont la charge passe aux héritiers (seconde épouse ou enfants du deuxième lit) et pension de réversion au prorata des années de mariage, vous engagez-vous également à tout mettre en oeuvre pour qu'une loi vienne réserver l'entier bénéfice des pensions de réversion de retraite à la veuve (ou au veuf le cas échéant bien que plus rare) ?
Nous attendons impatiemment vos réponses qui seront aussitôt diffusées sur notre site Internet "sos-divorce.org".
Nous vous en remercions par avance.
Evelyne Dufresne
Correspondante pour le Finistère du
Mouvement Condition Masculine – Soutien de l'Enfance
Le 17 mai 2002
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Réponse du candidat RPR-UMP le 21.05.2002
La réponse est oui aux deux questions.
A la première, je reprends mot pour mot la position de notre ancien député, avec une toute petite nuance. Je souhaite quand même que le rôle de la mère de famille reste reconnu en fonction du nombre d'enfants qu'elle a élevés.
L'égalité Femme-Homme, OK, mais il faut tenir compte du fait que dans notre société, la mère de famille reste souvent beaucoup plus impliquée dans l'éducation des enfants. La vraie égalité serait que les deux sexes s'impliquent autant l'un et l'autre dans l'éducation morale et matérielle de leurs enfants, ce qui est loin d'être le cas. C'est peut-être d'ailleurs ce que le législateur avait voulu dire, mais de façon certes maladroite, au travers du texte actuel.
A la seconde question, pour l'avoir évoquée souvent avec vous, je vous confirme que la situation actuelle me choque, notamment pour la prestation compensatoire transmissible.
Il y a effectivement de l'ordre à mettre.
Bien cordialement
Benoît LECOMTE
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Commentaire du Mouvement
Tous les pères séparés ou divorcés malgré eux qui se battent pour pouvoir seulement garder le contact avec leurs enfants, que la mère a éloigné d'eux parfois à des centaines de kilomètres, n'apprécieront certainement pas "l'implication" moindre dont on les taxe dans l'éducation de ceux-ci. Décidément, les poncifs féministes ont la vie dure chez les hommes.
Néanmoins, nous retenons que ce candidat acceptera, s'il est élu, de tout mettre en œuvre pour que :
- les pères de famille bénéficient de la majoration d'annuités au même titre que les mères de famille en matière de retraite (étant suggéré qu'il faudra concéder quelque part – où et comment ? – une "petite nuance" aux mères de famille …, mais nous demanderons alors la même "nuance" pour les pères, égalité des droits oblige)
- une loi vienne réserver l'entier bénéfice des pensions de réversion à la veuve ou au veuf.
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