Chaque enfant a le droit d’avoir été désiré par ses deux parents
Une fois de plus, je tiens à m’exprimer sur ce site à propos des problèmes concernant la famille.
Lorsqu’un problème humain se présente, quel qu’il soit, la seule solution pour le résoudre totalement, c’est d’étudier son évolution tout au long de sa vie. Il est donc nécessaire de partir de la situation actuelle, puis, progressivement, sans oublier des étapes, de remonter à la source, pour bien en identifier les causes, et en apporter les remèdes pour chaque phase cruciale.
Le divorce ne déroge pas à ce principe fondamental. Il est l’aboutissement d’un échec composé de dégradations successives tout au long de la vie de la famille. Les causes peuvent être multiples, mais, nous pouvons les classer en gros en deux grandes catégories : les causes internes à la famille, et les causes externes à la famille.
Les causes internes concernent les individus eux-mêmes, trouvant leur source dans tout l’environnement éducatif dans lequel leur enfance a baigné. Chacun réagit différemment dans sa vie de couple, par l’interaction de son vécu personnel avec celui de son conjoint. Les causes externes concernent l’influence de la société sur la famille, non seulement par les lois, mais aussi par les pratiques judiciaires et le poids de notre culture.
Je voudrais m’attacher, ici, à un aspect précis de ce problème fort complexe de la famille, celui du désir d’avoir un enfant. Cet instinct de la perpétuation de l’espèce est tout à fait naturel et normal. Chez les animaux, il est réglé de façon fort simple. Chez l’homme, il ne cesse de se complexifier avec les progrès de notre société. Il en résulte une multiplication des repères, pouvant se contredire les uns les autres, aboutissant quelquefois à la perte de la réalité. Il en résulte, pour ceux qui se sentent « dépassés par la complexité », une angoisse, pouvant aller jusqu’à la paralysie de certains comportements naturels, comme celui de la maternité et de la paternité.
Il est indispensable que les deux parents se sentent prêts pour accueillir un enfant, cela est évident. Pourtant, l’évolution de notre société occidentale a généré des distorsions dont nous ne commençons à mesurer que maintenant les conséquences.
Autrefois, le risque de grossesse était la hantise des femmes. De nombreux enfants non désirés naissaient dans des conditions matérielles et psychologiques désastreuses. Le pouvoir s’en est ému, et a élaboré tout un arsenal de lois et de structures, pour en corriger les conséquences. Ces initiatives étaient justes et nécessaires à l’époque. Puis est arrivé un événement majeur dans notre société, à savoir, la contraception féminine et l’avortement. Les femmes, pour la première fois dans la vie de notre société, ont pu maîtriser leur fécondité, ce qui est une excellent chose. Enfin, un enfant venant au monde dans notre pays sait qu’il a de très forte chance d’avoir été désiré par la mère. Il se sent « exister » vis à vis de sa mère, condition psychologique essentielle pour qu’il puisse se développer en se sentant sécurisé : « J’ai été voulu, alors ma maman tient à moi ».
Toutefois, une tel sentiment indispensable à l’enfant reste douteux vis à vis du père. En effet, ce dernier, techniquement, n’a pas les moyens de maîtriser sa fécondité. Cela a des conséquences redoutables sur l’avenir de la famille et de la psychologie de l’enfant s’il n’a pas été désiré par le père, même si l’enfant ne le sait pas. Or, et c’est là que la distorsion devient criante, les lois protégeant les mères avant l’arrivée de la contraception féminine sont restées telles quelles. Une mère a les moyens « d’imposer » un enfant au père, il lui suffit d’interrompre, à son insu, son moyen contraceptif. S’enclenche alors toutes les procédures juridiques qui protégeaient la femme autrefois. Le père se retrouve forcé d’élever un enfant qu’il n’a pas vraiment désiré. Cet enfant n’est plus alors le fruit de l’amour de ses parents, mais le résultat de l’égoïsme d’instinct maternel de la mère. Nous avons bel et bien affaire à une violation de paternité.
Cette violation a des conséquences terribles. L’enfant va se développer dans un cadre qui contient le germe de la frustration et de l’injustice ressenties par le père. Le père aime son enfant tout en étant meurtri par l’imposition de la mère. De plus, à cause des lois d’autrefois toujours en vigueur, il sait que, en cas de séparation, il devra payer une pension alimentaire pour un enfant qu’il n’a pas désiré. Tout ce carcan légal et familial crée toutes les conditions pour instaurer dans la famille un malaise dont la première victime sera l’enfant. De plus, la mère croyait « bien faire » en imposant l’enfant au père, pensant que cela créerait chez lui l’instinct paternel, ce qui dans la majorité des cas est vrai. Mais elle finit par se culpabilise d’être à l’origine de cette ambiance malsaine. Elle ne peut alors, pour sortir de cette impasse psychologique dans laquelle elle s’est coincée, que culpabiliser le père pour se justifier, dégradant encore plus la situation morale de la famille. Dans de telles conditions, pas étonnant que le divorce soit proche.
Cette forme de violation n’a pas seulement pour cause la différence de contrôle de fécondité entre homme et femme.
Une femme chez qui l’enfant a sa résidence habituelle lors d’une séparation viole aussi la paternité du père qui veut vraiment s’en occuper de son enfant, en lui soustrayant le moyen de l’éduquer.
Enfin, nous pouvons aussi citer une dernière forme de violation, tant paternelle que maternelle, celle où un des deux conjoints exerce une pression sur le futur parent, par harcèlement moral, chantage affectif (si nous ne faisons pas un enfant, je te quitte), pression financière, etc …
Et ne parlons pas des couples ne s’entendant pas très bien et qui pensent, illusoirement, que la venue d’un enfant permettra de les ressouder !!!
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Les solutions
Nous avons là un vrai problème de fond, au cœur de beaucoup de drames familiaux. Après en avoir analysé, certes trop rapidement j’en conviens, les causes, nous pouvons commencer à élaborer les solutions pour résoudre ces problèmes.
Tout d’abord, il semble indispensable, dans la charte de droits de l’enfant, qu’il soit établi, dans la mesure du possible, qu’un enfant a le droit d’avoir été désiré par sa mère et son père.
Ensuite, il faut porter un effort considérable sur les moyens contraceptifs masculins autre que le préservatif pour que les hommes puissent maîtriser leur fécondité.
Des campagnes d’information fortes pour faire prendre conscience à la population que ce désir d’enfant est capital pour l’équilibre de la famille, et qu’un conjoint n’a pas le droit d’imposer un enfant à l’autre conjoint.
Une aide psychologique au futur parent qui hésite à avoir un enfant afin qu’il soit rassuré dans son aptitude d’éducateur et passe à l’acte en toute quiétude.
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