le seul député qui a osé

 

Jacques MYARD, député-maire de Maisons-Laffitte

A/s Non à la proposition de loi sur les noms patronymiques !

 

En proposant d'abolir la prééminence paternelle en matière d'attribution du nom de famille, le législateur une fois de plus embrasse les idées à la mode et surfe sur l'air du temps, ce qui le dispense de réfléchir sur la portée de cette novation introduite à la sauvette dans notre code civil.

 

Sous prétexte d'égalité des sexes, de conformité aux engagements internationaux ou avec le faux alibi de conservation de notre patrimoine onomastique,- théorie dénoncée avec force par les meilleurs spécialistes-, cette proposition de loi n'est pas anodine.

 

En réalité, le cadre juridique existant permet déjà de changer de nom ou de sauvegarder des noms menacés d'extinction dès lors que la demande est justifiée. Il suffit de l'assouplir quelque peu, non de le bouleverser!

 

Le principe du double nom brandie sous l'étendard d'une pseudo- modernité touche , en réalité, aux fondements mêmes du modèle familial et surtout de l'autorité paternelle.

 

Cette proposition de loi est sourde aux critiques du Rapport rendu par la mission Dekeuwer-Desfossez au Premier Ministre en 1999 qui avait souligné les inconvénients d'un changement du mode de transmission des noms patronymiques.

 

Il est, en effet, tout à la fois curieux et affligeant de constater que dans une société de plus en plus éclatée, en quête de repères, le législateur n'apporte comme réponse que la diminution de l'autorité paternelle, fortement attachée au nom, et l'atteinte portée à son image.

 

Est-ce vraiment un bien que l'on fait à un enfant dont les parents sont désunis en le privant du nom de son père? Est-ce un signe de stabilité et de confiance que l'on donne à notre société en fragilisant la transmission du nom du père, en déséquilibrant l'un de ses éléments structurels?

Le père est ainsi relégué dans le rôle d'un géniteur lointain, synonyme d'une rencontre fortuite, dépourvu de responsabilité. C'est le retour à un matriarcat primitif. Les auteurs de cette proposition de loi ont, à l'évidence, un complexe d'Oedipe non résolu.

Le débat lancé à la sauvette ce jeudi risque une fois encore de manquer son objet ; il va ajouter à la déstructuration de la famille et à la déresponsabilisation du père. Quel gâchis!