Réforme du droit de la famille
Réponses des députés
Premières observations sur le rapport DEKEUVER-DEFOSSEZ
du collectif P@ternet*
*Le collectif p@ternet rassemble plusieurs courants d' opinions d' hommes et de femmes divorcés ( SOS DIVORCE, Ligue des doits des pères, Condition -masculine Soutien de l'enfance et d' autres adhérents d' associations de- pères )
En l'état, nos observations portent :
Conséquences du divorce
1. Entre époux ; la prestation compensatoire
2. Entre parents et enfants .; barème des pensions alimentaires
Il - La paternité naturelle
III - la paternité obligatoire dans le mariage :.la présomption de paternité
.
Yves NICOLIN, Député de la Loire
Votre message a retenu toute mon attention et je vous indique que j'ai
déposé deux propositions de loi qui devraient vous intéresser
particulièrement.
-Proposition de Loi n°1900 tendant à substituer à la prestation
compensatoire une indemnité de séparation entre époux divorcés.
-Proposition de Loi n°1973 tendant à fixer
équitablement la contribution à
l'entretien et à l'éducation des enfants en cas de divorce.
Ces deux propositions sont disponibles en ligne sur le site de l'Assemblée
nationale (ci-joint les pages html).
Il serait sans doute souhaitable que vous mobilisiez votre réseau affin
d'inciter d'autres députés à les cosigner.
Bien à vous.
Yves NICOLIN, Député de la Loire
N° 1900
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
ONZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 9 novembre 1999.
PROPOSITION DE LOI
tendant à substituer à la prestation compensatoire
une indemnité de séparation entre époux divorcés.
(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais prévus par les articles30 et 31 du Règlement.)
présentée
par MM. Yves NICOLIN, Jean-François MATTEI, Alain MOYNE- BRESSAND, Denis JACQUAT, Claude GATIGNOL, Bernard DEFLESSELLES, Michel MEYLAN, Dominique BUSSEREAU, Charles EHRMANN, Joël SARLOT, Dominique DORD, Yves DENIAUD, Claude GOASGUEN, Guy TESSIER et Pierre-André WILTZER,
Députés.
Etat civil.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
Alors que la loi du 11 juillet 1975 entendait faciliter le règlement définitif
du contentieux postdivorce en vertu du principe selon lequel le divorce met fin
au devoir de secours entre époux, le versement de la prestation compensatoire
est de plus en plus vécu comme une injustice. En même temps, sa justification
- conserver le statut social acquis par le mariage - ne semble plus adaptée aux
évolutions sociales contemporaines.
C'est pourquoi il est proposé de substituer à la prestation compensatoire une
" indemnité de séparation ", versée principalement en capital
auquel serait appliqué un régime fiscal plus avantageux. Dans l'hypothèse où
les époux choisiraient la rente, sa révision serait de droit en cas de
changement de situation financière du créancier ou du débiteur. D'autre part,
son versement cesserait de plein droit en cas de décès du débiteur de la
prestation, ou en cas de remariage du créancier, de concubinage notoire ou de
conclusion d'un PACS.
1° Les règles actuelles de la prestation compensatoire sont vécues comme
une injustice
Il résulte tout d'abord des articles 276-1 et 276-2 du code civil que la
prestation est versée jusqu'au décès du bénéficiaire, contraignant
injustement les héritiers de l'époux débiteur - ses enfants, ses parents,
voire son second conjoint - à pourvoir au versement de cette rente, quels que
soient leurs revenus.
Ensuite, versée la plupart du temps sous forme de rente, elle n'est à l'heure
actuelle pratiquement jamais revue à la baisse même si le débiteur accuse une
chute de son revenu et même si le créancier a pu entre-temps retrouver une
autonomie financière du fait d'un emploi, d'une retraite, d'un remariage ou
d'un concubinage, comme cela est le cas de 40 % des bénéficiaires de la
prestation.
La prestation compensatoire étant fondée sur la nécessité de compenser la
disparité des niveaux de vie, l'époux débiteur qui ne serait pas responsable
exclusivement de la rupture du lien conjugal souffre peut-être plus que
d'autres de ce caractère immuable et transmissible de la prestation
compensatoire, qu'il ressent comme une sanction qui lui est infligée à
perpétuité ainsi qu'à ses héritiers.
Il convient de rappeler que le législateur de 1975 avait clairement souhaité
favoriser la prestation compensatoire en capital. Or, la fiscalité appliquée
est dissuasive et dépend actuellement du régime matrimonial des époux, ce qui
conduit à une inégalité de traitement fiscal entre des situations pourtant
équivalentes.
Il en résulte que cette prestation est versée dans 84 % des cas sous forme de
rente mensuelle et non de capital, au profit de celui des époux qui aura le
plus à souffrir matériellement de la disparité des conditions de vie.
Si le capital seul décidé par le juge a été en moyenne de 377 000 F à la
fin de l'année 1998, le cumul des rentes versées aux ex-époux débiteurs
atteignait la somme moyenne de 682 000 F, soit près du double du capital qui
aurait pu être versé en application des articles 274 et 276 du code civil,
selon lesquels le versement sous forme de capital doit être le principe et la
rente l'exception.
2° L'évolution des mentalités a rendu désuet le principe même de la
prestation compensatoire
Le principe du maintien du niveau de vie antérieur au moyen d'une prestation
est de plus en plus contesté par des spécialistes du droit de la famille comme
Irène Thery, qui, dans son rapport remis au Gouvernement en mai 1998, admettait
que " la définition de la prestation compensatoire de l'article 270
paraît en contradiction avec l'évolution sociale et la recherche d'une plus
grande égalité des sexes. S'il semble que la prestation compensatoire doit
être maintenue, elle ne saurait viser à conserver un statut social comme un
droit acquis par le mariage. "
Le mariage a pu en effet conduire l'épouse ou l'époux à renoncer à ses
chances de carrière, d'évolution professionnelle ou de droits à la retraite
pour suivre son mari ou sa femme et élever leurs enfants. Or, ces chances et
ces droits perdus dans l'intérêt de la famille et de l'autre époux dont la
situation a été ainsi privilégiée peuvent se transformer, au moment de la
rupture, en un véritable préjudice moral et matériel pour l'épouse ou
l'époux qui y a renoncé.
3° La réforme de la prestation compensatoire est attendue par deux millions
de personnes
De nombreux parlementaires de toutes tendances ont depuis plusieurs années
cosigné sept propositions de loi tendant à réformer le mode de versement de
la prestation compensatoire dont l'une a été adoptée par le Sénat en
première lecture le 25 février 1998. De même, députés et sénateurs ont
adressé depuis 1990 aux Gouvernements successifs près de deux cents
interpellations sur le sujet, par la voie de questions écrites et orales.
Alors que le Gouvernement de Lionel Jospin avait annoncé pour l'année
prochaine une grande réforme du droit de la famille incluant celle de la
prestation compensatoire sur la base du rapport de la commission présidée par
Mme Dekeuwer-Defossez, le Premier ministre a indiqué lors des journées
parlementaires socialistes que cette réforme était purement et simplement
ajournée à 2001, voire 2002.
Compte tenu des atermoiements gouvernementaux, on peut légitimement craindre
que le Parlement ne soit pas finalement saisi de ce projet avant la fin de la
présente législature, alors même que près de 2 millions de personnes dans
notre pays, attendent depuis plusieurs années la réforme de la prestation
compensatoire.
Par ailleurs, la philosophie d'une telle réforme semble moins relever du droit
de la famille que du droit des obligations.
Rien ne s'oppose donc à ce qu'elle soit engagée dès aujourd'hui,
indépendamment du grand chantier législatif annoncé puis repoussé par le
Gouvernement.
4° Une indemnité de séparation révisable et intransmissible doit se
substituer à la prestation compensatoire
La présente proposition de loi suggère l'abandon de la notion de "
prestation compensatoire " au profit de celle d'" indemnité de
séparation " et l'adoption d'une nouvelle formulation de l'article 270
du code civil pour permettre aux juridictions de modifier les conditions de son
attribution.
Il s'agit de concrétiser la nouvelle logique dans laquelle elle doit s'inscrire
compte tenu des évolutions sociales contemporaines ; l'indemnisation d'un
préjudice lié aux choix des époux pendant leur vie commune.
Il convient également de revenir au principe du versement en capital ainsi que
l'avait souhaité le législateur de 1975.
Enfin, l'absence de transmissibilité aux héritiers de l'indemnité de
séparation doit être posée comme principe et en cas de versement sous forme
de rente celle-ci doit être supprimée en cas de remariage du créancier, de
concubinage notoire ou de conclusion d'un Pacte civil de solidarité.
L'instauration de l'indemnité de séparation en lieu et place de la prestation
compensatoire, non transmissible aux héritiers et révisable en fonction de la
situation matérielle des ex-époux, favorisera le règlement définitif du
divorce et permettra enfin à celles et ceux qui, nombreux, vivent cette
situation dramatique d'aborder plus sereinement l'avenir.
Telles sont les raisons pour lesquelles il vous est proposé, Mesdames et
Messieurs, d'adopter cette proposition de loi.
PROPOSITION DE LOI
Article 1er
L'article 270 du code civil est ainsi rédigé :
" Art. 270. - Sauf lorsqu'il est prononcé en raison de la rupture
de la vie commune, le divorce met fin au devoir de secours prévu à l'article
212 du code civil ; mais l'un des époux peut être tenu de verser à l'autre
une indemnité de séparation, destinée à rétablir un équilibre rompu du
fait des choix pris par les époux pendant leur mariage. "
Article 2
L'article 271 du code civil est ainsi rédigé :
" Art. 271. - L'indemnité de séparation est fixée en fonction des
besoins du créancier, d'une part, et des ressources du débiteur, d'autre part,
évalués au moment du prononcé du divorce. "
Article 3
L'article 272 du code civil est ainsi modifié :
1° Après le quatrième alinéa, est inséré un alinéa ainsi rédigé :
" - leurs situations professionnelles au regard du marché du travail ;
"
2° Dans le sixième alinéa, après les mots : " droits ", sont
insérés les mots : " et obligations ".
Article 4
L'article 273 du code civil est ainsi rédigé :
" Art. 273. - L'indemnité de séparation a dans tous les cas un
caractère forfaitaire. "
Article 5
Il est inséré, après l'article 273 du code civil, un article 273-1 ainsi
rédigé :
" Art. 273-1. - Le juge saisi d'une demande de révision ou
d'annulation de l'indemnité de séparation prend en considération :
" - le montant total des sommes déjà versées à l'époux créancier ;
" - l'évolution de la situation matrimoniale, professionnelle,
patrimoniale et financière de chacune des parties. "
Article 6
L'article 274 du code civil est ainsi rédigé :
" Art. 274. - L'indemnité de séparation prend la forme d'un
capital dont le montant est fixé par le juge. "
Article 7
Dans le dernier alinéa de l'article 275 du code civil, les mots : " au versement du capital ou " sont supprimés.
Article 8
L'article 275-1 du code civil est ainsi rédigé :
" Art. 275-1. - Le versement du capital fixé par le juge doit
intervenir dans un délai d'un an à compter de la date où le jugement de
divorce est devenu définitif. "
Article 9
Dans l'article 276 du code civil, les mots : " la prestation compensatoire " sont remplacés par les mots : " l'indemnité de séparation ".
Article 10
Le premier alinéa de l'article 276-1 du code civil est ainsi rédigé :
" La rente est attribuée à titre temporaire pour une durée fixée par le
juge qui ne peut excéder dix ans. "
Article 11
L'article 276-2 du code civil est ainsi rédigé :
" Art. 276-2. - Par dérogation à l'article 276-1, l'indemnité de
séparation versée sous forme de rente cesse de plein droit :
" - lors du remariage du créancier, ou lorsque celui-ci a conclu un pacte
civil de solidarité ou vit en concubinage notoire ;
" - lors du décès du débiteur. "
Article 12
Dans l'article 277 du code civil, les mots : " la rente " sont remplacés par les mots : " le versement de l'indemnité de séparation fixée par le juge ".
Article 13
Le premier alinéa de l'article 278 du code civil est remplacé par deux
alinéas ainsi rédigés :
" En cas de demande conjointe, les époux fixent le montant et les
modalités de l'indemnité de séparation dans la convention qu'ils soumettent
à l'homologation du juge.
" Lorsque l'indemnité de séparation prend la forme de rente, la
convention en fixe la durée, qui ne peut excéder dix ans. "
Article 14
Le deuxième alinéa de l'article 279 du code civil est supprimé.
Article 15
L'article 280 du code civil et ainsi rédigé :
" Art. 280. - Nonobstant toute disposition contraire et quel que
soit le régime matrimonial des époux, les transferts et abandons prévus au
présent paragraphe ne sont pas assimilés à des donations. "
Article 16
Dans le premier alinéa de l'article 280-1 du code civil, les mots : " prestation compensatoire " sont remplacés par les mots : " indemnité de séparation ".
Article 17
Les pertes de recettes et charges supportées par l'Etat pour l'application
de la présente loi sont compensées par une majoration à due concurrence des
droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.
1900. - PROPOSITION DE LOI de M. Yves NICOLIN tendant à
substituer à la prestation compensatoire une indemnité de séparation entre
époux divorcés (renvoyée à la commission des lois)
© Assemblée nationale
N° 1973
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
ONZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 1er décembre
1999.
PROPOSITION DE LOI
tendant à fixer équitablement la contribution à
l'entretien
et à l'éducation des enfants en cas de divorce.
(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)
présentée
par M. Yves NICOLIN,
Député.
Etat civil.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
En France aujourd'hui, deux millions d'enfants ne vivent plus avec leur père.
Lors d'un divorce, la résidence habituelle des enfants est fixée plus de neuf
fois sur dix chez la mère, le père devant contribuer à leur entretien et leur
éducation par le versement d'une pension alimentaire.
Décidée par le juge, cette pension ne repose sur aucun barème et devra être
versée jusqu'au jour où les enfants seront financièrement indépendants.
Enjeu fréquent du divorce, cette pension reste impayée ou mal payée dans 40%
des cas.
Or, légalement, ne pas payer la pension alimentaire pendant plus de deux mois
constitue un délit : l'abandon de famille. Les mauvais payeurs risquent
jusqu'à deux ans de prison ferme et 100000F d'amende.
Certains pères ne la paient pas à dessein car c'est leur seul moyen de
pression pour voir leurs enfants. L'huissier de justice peut alors intervenir en
prélevant la pension alimentaire directement à la source, chez l'employeur
lorsque le mauvais payeur est salarié. Dans le cas contraire, l'huissier est
alors obligé d'avoir recours à la saisie des meubles.
L'établissement, à l'instar d'autres pays européens, d'un barème indicatif
tenant compte des revenus du débiteur de la pension alimentaire favoriserait la
clarté des critères de fixation de la pension alimentaire, la prévisibilité
des décisions et l'équilibre entre les juridictions.
Tel est l'objet de la présente proposition de loi qu'il vous est demandé
d'adopter.
Article unique
Dans le dernier alinéa de l'article 293 du code civil, après les mots :
" par le jugement ", sont insérés les mots : " , selon un
barème indicatif fixé par décret, ".
© Assemblée nationale