LA CROISADE DES HOMMES

Rien ne va plus pour les hommes !
Assaillis, bousculés, remis en cause par les féministes, ils sont de plus en plus mal dans leurs Weston. Aux Etats-Unis, pays de tous les excès, ils ont même décidé de passer à l'offensive et organisent, le 7 février, à Kansas City, la première Journée internationale de l'homme.
" Les descendants des cow-boys s'aperçoivent de leur exploitation par les femmes, constate André Pérot, éditorialiste et membre de l'association Condition masculine - Soutien de l'enfance o SOS divorce. Ils n'ont pas honte de le proclamer et de le faire savoir aux autres hommes. 1l faut vivre autrement qu'en faisant de l'humour sur ceux qui ne veulent pas démissionner ! "
Car en France, ce vent de révolte décoiffe quelques têtes masculines. Figure de proue de la nouvelle croisade contre l'hégémonie féminine, M. Leenhardt, qui a fondé en 1975 le mouvement Condition masculine :
" Si la cause des pères a été le départ de notre combat, nous avons vite compris que le sexe dit "faible" était en train de nous réduire à néant.
Elles ont tout gagné, sans rien céder en échange. Résultat : aujourd'hui le rapport des forces s'est inversé et c'est nous qui sommes brimés. Si nous ne nous mobilisons pas rapidement, elles vont nous bouffer tout crus ! Nous nous battons pour l'égalité totale entre les deux sexes. "
Ces arguments ont fait mouche: depuis sa création, le mouvement a vu défiler plus de 25 000 adhérents. Le comité d'honneur compte des personnalités comme Paul Bocuse, Bernard Fresson, Jean Lefevre ou Jean-Luc Lahaye. Alors, la guerre des sexes est-elle déclarée ?
Pas si simple: 30 % des adhérents du mouvement sont... des adhérentes {secondes épouses, grand mères paternelles ou tantes}. L'adversaire n'est pas la femme, mais le féminisme et ses acquis ravageurs pour la condition du mâle. Tant qu'ils n'auront pas obtenu la suppression de tous les privilèges féminins, certains hommes ne dormiront pas tranquilles...

Françoise Dangerfield