L'égalité entre parents pour les enfants

" Un père qui n'a pas l'autorité parentale conjointe est un père au rabais: obligé de demander une autorisation à son ex-compagne ou à son ex-épouse pour accomplir les actes les plus cou-rants de la vie. Et cela dans des situations de conflits, car la plupart des séparations sont vécues dans un climat de crise. " Pour Me Antoine Leenhardt, président de l'association Condition masculine, la décision de la cour d'appel de Lyon constitue un pas considérable.

" Cette association a été créée en 1975. Elle est un peu le fruit de ma malheureuse expérience en matière de divorce. Avocat ou pas, lorsqu'on se trouve confronté à cette dramatique épreuve, on apprend les choses de la vie à ses dépens, dit encore Me Leenhardt.

" Nous vivons encore en matière de divorce comme si la société, en un siècle, n'avait pas évolué. Autrefois, ce sont les hommes qui quittaient le foyer et, dans leur sagesse, les juges accordaient la garde des enfants à la mère, un peu comme un lot de consolation, afin qu'elles soient moins seules".
De plus, rares étaient les épouses ayant une profession autre que celle de " mère au foyer ". INJUSTE. Aujourd'hui, ce sont les femmes qui, dans 72 % des cas demandent le divorce. De surcroît, elles aussi, travaillent. Leur métier et leur carrière comptent désormais pour elles autant que pour les hommes. Les femmes de 25 à 35 ans représentent 88 % de la population féminine active.
C'est également dans cette période de leur existence qu'elles vivent leurs maternités. " Avec l'avancée du féminisme dans les années 70, nous sommes passés d'un excès à l'autre.
Autrefois, l'autorité parentale était un pouvoir qui revenait systématiquement aux hommes, " propriétaires de la fameuse puissance paternelle". Ce qui était tout à fait injuste. Désormais, dans plus de 85 % des cas de divorce ou de séparation, la garde des enfants revient à la mère, avec l'autorité parentale. Ce qui est tout autant injuste.

" Soyons clairs, le mouvement Condition masculine ne souhaite pas le retour des machos. Mais la société étant quasiment égalitaire entre hommes et femmes, soyons le également en ce qui concerne les enfants. Et cela dans l'intérêt des enfants et des pères qui ne supportent plus d'avoir à se comporter comme des mendiants. "